16 avril 2018 : Compteurs et sous-compteurs d’électricité, que choisir ?


 

La consommation d’électricité des entreprises et collectivités territoriales continue d’augmenter comme le note EDF : «En 2013, le résidentiel et le tertiaire consomment la majeure partie de cette électricité et ce, avec une progression constante depuis plusieurs années».

 

A retrouver sur le site d’EDF : La consommation d’électricité en chiffres – source EDF

Pourtant, le déploiement de millions de compteurs dits « intelligents » par ENEDIS a pour principale justification, une meilleure maîtrise des dépenses de ses Clients. D’autre part, l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence doit favoriser une utilisation rationnelle et économique de cette énergie.

Dans ce contexte, pourquoi les Clients professionnels ne bénéficient-ils pas de ces nouveaux outils pour réduire le montant des factures ?

Le compteur PME-PMI en question

Ce nouveau compteur communicant, déployé par ENEDIS par millions d’unités depuis plusieurs années, permet de remplacer les compteurs aux couleurs historiques : compteur jaune pour le tarif jaune, compteur vert pour le tarif vert… dont certains disposaient, certes, de capacités de communication, mais trop différentes les unes des autres pour permettre un traitement uniforme notamment pour des Clients multi-sites.

Désormais, un seul compteur est déployé par ENEDIS avec des moyens de communication standardisés, à commencer par la Téléinformation Client, baptisée TIC par les spécialistes, et un seul mode d’emploi résumé dans le fascicule laissé par l’agent à côté du compteur lors de sa pose.

En prime, ce compteur enregistre et met à disposition la courbe de charge de l’installation électrique, c’est-à-dire, la mesure de la puissance moyenne appelée toutes les 10 minutes en aval du compteur.

Seule ombre au tableau, l’utilisation de l’interface homme-machine de ce compteur, même avec la notice en main, reste réservée aux spécialistes. Les manipulations nécessaires à l’affichage d’une mesure parmi les centaines possibles, repoussent le novice qui préfèrera refermer la porte du local et abandonner sa quête de l’explication de ses factures.

Le sous-comptage au secours du comptage

Lorsque les appareils électriques d’une installation sont divers et couteux, il devient intéressant de mettre en place une stratégie de comptage qui permette d’identifier les consommations propres à chacun des usages les plus consommateurs.

La pose d’un sous-compteur (également appelé compteur divisionnaire) en armoire électrique est devenue une opération classique pour les électriciens et la variété de compteurs proposés par les fabricants permet de répondre à la plupart des situations rencontrées dans le monde professionnel.

La pose d’un sous-compteur est indispensable également dans les cas où une facturation séparée doit être effectuée pour un locataire d’un immeuble. Dans ce cas, il faut veiller à s’équiper d’un compteur MID.

Bon à Savoir : la directive européenne 2004/22/CE du 31 mars 2004, dite directive MID pour « Measuring Instruments Directive » définit les critères que doit respecter un appareil pour que ses mesures soient utilisées pour la facturation, de consommations d’électricité dans notre cas.

A retrouver sur le site du LNE : directive européenne MID – Source LNE

Dans tous les cas, une caractéristique importante du compteur est sa capacité de communication. L’acquisition d’un compteur sans moyen de communication est à proscrire. Tout d’abord, parce que la différence de coût entre un compteur communicant et un compteur non communicant est marginale, rapportée au coût de revient total de l’opération, et ensuite, parce que l’évolution des technologies permettra de raccorder tout équipement communicant à l’Internet des Objets (IoT pour « Internet of Things »).

Les protocoles de communication

Vous avez décidé de l’installation de sous-compteurs sur votre installation électrique et vous interrogez sur le protocole de communication à choisir : voici quelques pistes.

L’émetteur d’impulsions

Le moyen le plus simple est de choisir un compteur qui dispose d’une sortie impulsionnelle. Celle-ci peut généralement être réglée pour émettre une impulsion électrique à chaque fois qu’une quantité d’énergie a été consommée par les appareils électriques en aval de ce compteur.

Cette impulsion électrique sera récupérée par un appareil électronique à brancher sur ce compteur. Cet appareil pourra alors comptabiliser le nombre d’impulsion et restituer la consommation d’électricité en aval de ce compteur toutes les minutes, ou par heure, jour, semaine, mois, année. Ce sous-comptage vous permettra de comprendre l’usage fait de l’énergie que vous payez pour chacun de vos usages.

Exemple : un compteur installé dans l’armoire électrique pour mesurer le départ de l’éclairage émettra une impulsion pour chaque kilo wattheure (kWh) consommé. Ceci permettra de s’assurer que l’éclairage fonctionne aux heures d’ouverture d’un bâtiment, et uniquement en période nocturne.

Le bus de terrain

Les fabricants proposent des moyens de communication appelés « bus de terrain » dont les plus populaires sont aujourd’hui considérés comme standards. Un bus de terrain se compose :

  • d’un média de communication (par exemple, une paire torsadée)
  • d’un protocole de communication, son «langage informatique» qui permet à plusieurs équipements électroniques de communiquer entre eux et de se comprendre

Bon à savoir : de nombreux bus de terrain sont standardisés au niveau international, comme Modbus ou LonWorks.

Pour afficher les consommations d’électricité du compteur que vous avez installé, votre ordinateur pourra demander les mesures relevées par ce compteur et les afficher sur votre écran sous la forme d’un histogramme ou d’une courbe agrégée par jour, semaine, mois, année.

L’intérêt de ces compteurs évolués est de récupérer les principales mesures de l’énergie consommée. Alors que l’émetteur d’impulsion ne permet de connaître qu’une seule mesure de l’électricité, un compteur évolué délivrera, par exemple, la puissance appelée par unité de temps, pour l’énergie active et réactive. Toutes les mesures nécessaires à la gestion de l’énergie électrique de ce départ pourront être récupérées et analysées.

Exemple : la puissance instantanée mesurée sur le départ d’une chaudière électrique permet de vérifier l’efficacité d’un système de délestage du chauffage et de le régler pour éviter des dépassements de puissance souscrite et des pénalités financières infligées sur la facture d’électricité.

Le plan de comptage

L’important dans une démarche de comptage évolué est de bien définir les besoins de mesure avant de se lancer dans l’installation de sous-compteurs : c’est ce que l’on appelle le plan de comptage.

Commencer par les usages les plus consommateurs permettra une approche pragmatique avec un retour sur investissement plus court.

Bon à savoir : hormis le chauffage électrique qui est toujours un « gros » consommateur, les postes à surveiller dans les bâtiments sont souvent le CVC (pour Chauffage-Ventilation-Climatisation), l’éclairage, l’informatique, le froid positif et négatif (réfrigération/congélation), le chaud (fours).

Par cette démarche, vous agirez efficacement sur les organes les plus coûteux et réduirez plus rapidement vos dépenses, ce qui vous permettra, fort de ces premiers succès, de poursuivre avec des équipements moins consommateurs et viser une parfaite maîtrise de vos consommations.

 

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