Les réponses aux questions posées pendant le webinaire

Jeudi 28 novembre, les participants ont posé des questions aux 2 intervenants, Gilles Haon et Daniel Kern.
Nous leur avons proposé de collecter leurs réponses et de vous les transmettre après le webinaire.

Question 1 : Pouvez-vous nous développer les avantages de l’hydrogène dans sa capacité à le stocker ?

Les réseaux électriques futurs, qui accueilleront une part importante d’électricité renouvelable intermittente, auront besoin de cette capacité de stockage et de flexibilité. On peut également sans trop faire hurler dire que les centrales nucléaires via la chaleur emmagasinée ou l’électricité perdue pourraient produire et stocker également de l’hydrogène.  Reste les coûts de ces opérations. Le plus grand stockage d’énergie actuelle s’effectue par le procédé STEP quand deviendra-t-il avec le réchauffement climatique, c’est une autre question ? Reste les coûts de ces opérations.

Daniel Kern     # DanielKern

pour en savoir plus :

https://www.irena.org/-/media/Files/IRENA/Agency/Publication/2019/Sep/IRENA_Hydrogen_2019.pdf

https://theconversation.com/stocker-de-lelectricite-comment-ca-marche-78805http://www.smartgrids-cre.fr/index.php?p=stockage

Zéro émission… oui en utilisation si H2 est d’origine verte, mais a-t-on calculé le facteur d’émission CO2 et sur l’ensemble du cycle de vie (production, acheminement, fin de vie…) ?

Tout dépend comment l’électricité dite verte est produite. Je vous conseille l’étude de menée par l’ADEME

Daniel Kern    #DanielKern

http://www.bilans-ges.ademe.fr/documentation/UPLOAD_DOC_FR/index.htm?renouvelable.htm

L’hydrogène serait corrosif pour les métaux ferreux. Est-ce que tous les pipes et réservoirs seront composés de plastiques composites et fibres de carbones ou serons-nous en mesure de dompter ce problème de corrosion ?

Actuellement il existe la technologie pour remettre en état les pipes gaz afin qu’ils puissent accepter l’hydrogène. N’oublions pas que l’ancien gaz de ville appelé aussi gaz de houille était de l’hydrogène et que nous étions capables de le distribuer.

Daniel Kern      #DanielKern

Caractéristiques techniques des pipelines et sécurité :

Les pipelines sont réalisés avec des aciers classiques et on ne connaît pas de problèmes particuliers liés à leur exploitation. Les pressions de service des canalisations diffèrent selon les réseaux et sont en général comprises entre 3,4 et 100 bars, pour des diamètres variant entre 10 et 300 mm.  Selon certaines études, une adaptation des réseaux actuels de distribution de gaz naturel au transport de   l’hydrogène   semble   possible   dans   certaines   limites.   Ainsi, le   transport   d’un   mélange   gaz naturel/hydrogène (baptisé hythane) dans des proportions 8/1 à 9/1 en volume serait possible sans modification du réseau, ou avec des modifications mineures.  Au-delà, il faudrait procéder à un redimensionnement et à un changement des installations de compression. Des recherches à ce sujet ont été réalisées dans le cadre d’un projet européen ; elles ont conclu qu’il n’y avait pas de problème particulier jusqu’à une concentration en hydrogène de 20%. Les pipelines d’hydrogène, comme les gazoducs, peuvent être enfouis. Ainsi, en 1983, Air Products a réalisé le premier forage directionnel à travers une rivière, sur 1.6 kilomètre de long, pour son pipeline de la région de Louisiane. La technique est parfaitement maîtrisée, mais des recherches se poursuivent, notamment pour réduire les coûts, pour réduire la propension de l’hydrogène à fragiliser l’acier et les soudures utilisées dans la fabrication des pipelines et développer des technologies de compression plus performantes. On peut noter que les premiers pipelines mis en place dans la Ruhr en 1938 sont toujours utilisés 12/12 mois et n’ont connu aucun incident.  Le choix d’une telle solution comparée aux autres s’appuie uniquement sur des considérations économiques et non techniques, compte tenu de sa maturité.

Est-ce que H2 est plus ou moins explosif que CH4 ?

Plus explosif que le CH4. Pour rappel, le gaz de ville, en France, était constitué de 50% d’hydrogène jusqu’en 1970 sans provoquer plus d’accidents, voire moins, que le gaz naturel aujourd’hui ! Depuis le début des années 1990, les nombreuses démonstrations dans le monde qui mettent en œuvre l’hydrogène n’ont jamais connu d’accident grave. Mais Il ne faut pas pour autant banaliser les risques de l’hydrogène mais au contraire en améliorer la sécurité en agissant sur le développement de la technologie, la qualité et le respect de la maintenance, sur la formation des personnels et utilisateurs et bien entendu la réglementation. Daniel Kern #DanielKern
Pour en savoir plus :

https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/guide-information-securite-production-decentralise-hydrogene-8505.pdf

http://www.afhypac.org/documents/toutsavoir/Fiche%207.3%20%20Normes%20et%20r%C3%A9glements%20rev.fev2016%20Th.pdf

Le prix de H2 dont vous parlez est-il basé sur une production ENR ou à partir du méthane ?

Si l’on parle mobilité, le prix de l’H2 varie en fonction des producteurs et des technologies utilisées. Pour ma part pour qu’il existe une véritable rupture et que le consommateur s’engage, il faut que l’hydrogène vert soit dans votre réservoir à 5 € le Kg TTC maximum. Le prix actuel de production à partir d’énergie fossile est entre 1 à 1,5 € le Kg.

Daniel Kern #DanielKern

Pouvez-vous faire un petit point sur les freins concernant les délais réglementaires et les normes ?

En dehors d’Air Liquide, Engie, McPhy, Quelles sont les entreprises françaises spécialisées dans la génération d’hydrogène ?

Réponse : Areva H2Gen Daniel Kern #DanielKern

Est-ce qu’une entreprise française s’intéresse à la recherche et l’exploitation de gisements naturels d’hydrogène ?

IFREMER a travaillé sur le sujet C’est la société Petroma Inc. qui exploite le gisement Daniel Kern #DanielKern

https://agupubs.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1002/2016GC006544

https://www.science-climat-energie.be/2018/07/16/lhydrogene-geologique-ou-hydrogene-naturel-etat-de-la-question